Nucléaire : le prix de la sûreté toujours aussi élevé

Dans un contexte sécuritaire toujours aussi volatile en France, il faut dire que la menace nucléaire ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. En effet, les autorités en charge du nucléaire en France doivent faire face à plusieurs types de menaces, des accidents aux attentats en passant par les erreurs d’intervention. Cependant, la sûreté a un prix et il est toujours aussi salé pour le contribuable français. Trente ans après Thiernobyl, les dangers du nucléaire sont pris très au sérieux, car un incident majeur ne peut être exclu en France. Cet article fait le point.

maintenance

L’État vient au secours de l’EDF

Les autorités étatiques et celles en charge du Nucléaire ont de bonnes raisons de s’inquiéter. En effet, le nucléaire français vieillit à grande vitesse et il devient urgent de mettre l’accent sur la sécurité des installations afin de pallier à tout risque. Dans un contexte où EDF et AREVA connaissent des difficultés financières, l’État français a pris les devants en renflouant EDF à hauteur de 3 milliards d’euros. D’ailleurs, dès cette année, EDF va intégrer dans ses comptes l’amortissement de ses centrales sur une période de 50 ans. En sens, le géant français risque de passer outre l’accord du gendarme du nucléaire. Celui-ci est la seule autorité capable de donner son feu vert pour prolonger la durée de vie des réacteurs.

Une maintenance évaluée à 100 milliards

Ce qui pose le plus problème avec le nucléaire français, c’est sans doute le coût de la maintenance des installations. Celui-ci est évalué à 100 milliards d’euros. Pour EDF, le géant de l’électricité en France, il est fragilisé par la baisse des coûts de l’électricité dans le monde. De plus, la récente catastrophe de Fukushima a conduit plusieurs pays à revoir entièrement leur politique de sûreté nucléaire, notamment en matière d’audit céfri. Du coup, le surcoût lié à Fukushima est évalué à 10 milliards de dollars. À cela s’ajoute la commission européenne qui est de plus en plus critique avec la France. En effet, le pays a seulement prévu 23 milliards pour le démantèlement de ses installations alors qu’elle devrait coûter environ 74 milliards.

Un rayon de 10 km jugé insuffisant

Face à des enjeux jugés colossaux, certaines autorités telles que l’ASN et l’Institut de Radioprotection et de la Sureté Nucléaire (IRSN) n’ont pas encore trouvé les moyens nécessaires pour assurer leurs missions, tel que l’audit céfri. D’ailleurs ils réclament toujours 150 postes supplémentaires qu’ils n’ont toujours pas obtenus.